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Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs,
Eh oui ça y’est, le Tout-Puissant Goethe s’est emparé de moi… Depuis deux semaines, je vis comme une vraie nonne*, passant mon temps entre les cours, où j’apprends des mots tels que "Aufenthaltsgenehmigung" (c'est bon tu peux reprendre ton souffle), la maison, où je m’installe bien sagement à mon bureau afin de faire fontionner ma matière grise, et le plat terrain de la Colonie Suisse derrière chez moi, où je cours afin d’éliminer les trop nombreuses calories que j’ingurgite et qui ont une fâcheuse tendance à toutes vouloir s’installer autour de mon ventre…
* ok, ok, week-end avec Chéri mis à part… mais j’ai bien le droit de laisser tomber le voile de temps en temps… non ?
Bref, ma vie est vraiment…. trépidante ! Ceci dit, c’est un choix que j’ai fait, j’apprécie le fait de prendre mon temps, de me retrouver seule, d’aller voir des expos, de venir vous écrire. Et puis ici, les sorties sont essentiellement axées sur les clubs électro, ça commence à minuit et moi, à minuit…. je bois ma tisane calmante ! C’est vrai quoi, c’est une heure à pas mettre une trentecinquenaire dehors (je te rappelle, internaute chéri, que sur 40 élèves, 35 n’étaient pas nés quand je donnais mon premier baiser avec la langue; tu comprendras que je me considère ici comme "monument historique"). Donc je préfère me retrouver en solo, ou avec mes trois comparses Marine, Chloé & Ana, pour aller au ciné, manger des sushis ou lécher les vitrines de Zara…
Tiens, en parlant de shopiiiiing (je suis peut-être une nonne, mais une fashion nonne): hier après les cours, des forces supérieures m’ont entraînée au Centre Commercial. Si, si, je te jure, je n’avais sincèrement pas prévu d’y aller (j’avais prévu de rentrer dans ma lointaine banlieue chic pour pouvoir ensuite ressortir et participer au repas d’adieux de mon ex-camarade de classe Stéphane), mais je n’ai pas pu faire autrement, je me suis retrouvée au Temple des Tentations sans pouvoir lutter. Et une fois là-bas, errant sans but (pour rappel, je me trouvais là à l’insu de mon plein gré), je les ai tout à coup aperçues, l'air de pas y toucher, sagement installées sur leur étagère, entre une paire de baskets et des talons aiguilles...les sandalettes en paille que je cherchais depuis des semaines !!! Elles m’avaient envoyé des signaux, les coquines !!! Incroyable. Du coup et bien j’ai décidé d’investir le budget Resto du soir dans ma trop jolie nouvelle paire de copines :

Et puis une paire de sandales, c’est moins nocif pour la santé que des viandes en sauce, de la bière et des rentrées au petit matin. Et Toc.
Aller, va en paix petit suisse chéri.
Sfh.
Sœur Lily de la Charité Bien Ordonnée Qui Commence Par Soi Même.
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